Vendredi 30 mai 2008

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Par kerr
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Mercredi 16 janvier 2008
undefined La forêt est épaisse et l’expédition avance péniblement sur une piste impraticable.Ils sont partis pour découvrir la  vie dans les limites de la réserve,les coutumes des tribus pangéennes, leur démographie, leur état sanitaire ainsi que la faune et la flore dans cette partie inexplorée de ce continent de Pangée  nouvellement découvert. La chaleur est difficile à supporter. Laura est assise à l’arrière du véhicule tout terrain, elle est balancée d’avant en arrière et quelquefois, elle heurte son  compatriote le colonel Granville qui a combattu les sauvages pangéens dans une guerre colonisatrice atroce. Les Occidentaux ont vaincu . Et après une période durant laquelle l’esclavage a anéanti  toute la grandeur du peuple conquis, les paysans de Pangée, très pauvres mais devenus citoyens ont fini par perdre leur héritage culturel. Le professeur Michel, ethnologue et organisateur de  l’expédition, a réuni pour la première fois une équipe de scientifiques chargée d’explorer les parties des terres restées vierges de toute contamination par la civilisation occidentale. Mais  l’équipe de chercheurs doit rester prudente et ne pas s’aventurer au-delà des limites de la réserve. La réserve c’est la bande de terre sur laquelle l’armée colonisatrice occidentale a stoppé sa  pénétration pour diverses raisons. La raison officielle c’est qu’au-delà de cette limite, le territoire est sans richesses à conquérir, dans ces lieux il n’y a que marais, jungle puis plus loin  des sommets montagneux inaccessibles et enfin, le désert aride et les tornades violentes. Mais une autre raison est qu’il existe des résistants très puissants. Un peuple de guerriers que l’armée  occidentale a renoncé à combattre tant la cruauté avec laquelle ils faisaient la guerre était grande, et leur connaissance de leur territoire ainsi que leur adaptation parfaite à la nature de ce  pays hostile les rendaient invulnérables malgré la technologie de leurs adversaires.(Illustration : carte de la Pangée). L’équipe de chercheurs tout en allant à la rencontre de sauvages pacifiés  doit absolument éviter une rencontre avec les guerriers qui sont incontrôlables et imprévisibles. Laura regarde le paysage boueux et couvert de lianes. Par moments leur véhicule s’enlise et tous  doivent descendre pour le pousser. Laura parle au botaniste de l’équipe un dénommé Edward : « - Que regardez vous ? - C’est une variété de plante que je connais mais celle-ci semble différente.  Je prends des échantillons que j’analyserai au labo. La flore est par ici surprenante et il n’est pas impossible qu’en l’étudiant plus attentivement on en tire des enseignements médicinaux. -  Savez-vous que des maladies orphelines ont trouvé leurs remèdes dans des potions élaborées par des paysans pangéens qui utilisent des plantes qui nous étaient inconnues ? - Oui mais ce n’est rien en comparaison de ce qui nous reste à découvrir. J’ai bon espoir de rencontrer de nouvelles préparations de ce genre dans le village de Gaya que nous nous sommes proposés de visiter. J’imagine  que vous Bonington en bon sociologue ethnologue et pangéanologue ainsi que vous Laura, trouverez dans ce village de quoi affiner vos théories en ce qui concerne l’étude de la complexité de ce  peuple que l’on qualifiait de sauvage il n’y a encore pas si longtemps. - Moi Bonington je pense qu’en effet, les pangéens sont un excellent sujet d’étude pour notre science. Mais peut-être  serions-nous aussi intéressants qu’eux à étudier nous qui affrontons une armée de moustiques, des marécages infâmes au péril même de notre vie pour aller satisfaire notre imaginaire d’individus civilisés chez un peuple qui, après avoir été proclamé le plus primitif de tous, devient le plus mystérieux. On pourrait s’étonner à juste titre de ce sentiment d’ambivalence qui nous frappe  toujours lorsque nous nous retrouvons face à l’inconnu. - Avouez , mon cher Bonington que vous seriez ravi de rencontrer un de ces guerriers qui ont totalement déstabilisé notre armée et qui sont  actuellement notre plus grande source de fantasme sur le plan cinématographique. - Disons que cela serait vrai si j’étais une femme comme Laura et qu’au lieu de risquer ma tête, je serais  acculturée et je deviendrais l’épouse d’un grand guerrier. Cela me fascinerait de me retrouver prisonnière et soumise à un de ces monstres de deux mètres qui tuent de sang-froid et dont on ignore  tout mais que l’on sait être d’assez fins stratèges et posséder un raffinement extrême dans l’art de la torture. J’ose imaginer que leur érotisme pourrait ne pas me laisser indifférent. Et vous  Laura qu’en pensez-vous ? » Laura a souvent médité sur ce sujet. Pourquoi dès son plus jeune âge avait elle été attirée par ce peuple et pourquoi avait-elle consacré toute sa vie à connaître et à  découvrir les moindres détails des rites, coutumes et traditions de ce peuple avec lequel, finalement, elle n’a aucun point commun ? Souvent elle s’imagine à la place de l’héroïne, l’infirmière enlevée pendant la guerre par les guerriers terrifiants et qui feraient d’elle une femme pangéenne. Elle rencontrerait un homme qu’elle aimerait et pour lequel elle ferait tout, elle se  soumettrait totalement et volontairement à lui, et elle lui abandonnerait tout ce qu’elle a. Puis cet homme mourrait à la guerre, remplacé par un autre, jusqu’à une nouvelle rencontre encore plus  forte que la première. Cet homme idéal pangéen qu’elle cherche depuis toujours, qui la connaîtrait mieux qu’elle-même reste inaccessible. Tous les hommes qu’elle a rencontrés jusqu'à présent  n’ont rien de comparable à ceux de ses fantasmes. Et parfois elle a peur d’imaginer une rencontre réelle avec un guerrier qu’elle sait qu’elle sera d’avance décevante. Laura sait que tout se  passe dans son esprit, et finalement elle se concentre sur sa science, bien ancrée dans la réalité et toute sa vie érotique est accrochée à ses rêves qui restent des rêves. Un espoir infime lui  laisse croire qu’une réalisation de ses fantasmes reste possible. L’espoir de trouver un point de rencontre qui rassemblerait sans heurt les deux parties opposées de sa personnalité. Laura rêve  d’une harmonie possible où science et fantasmes, rêves et réalité seraient réunis. Il pleut et le véhicule avance avec toujours plus de peine sur une piste inondée. Le village à atteindre est  encore très loin et d’après le guide, la piste traverse par endroits des sables mouvants. Le moindre écart du véhicule serait fatal. C’est un lieu où toute technologie devient impuissante face  aux forces de la nature. C’est un lieu ou les guerriers pangéens, armés de sabres, ont tenu tête, par leur adaptation exceptionnelle à la nature, par leurs facultés de stratège, par la terreur  qu’ils répandaient chez leurs ennemis, à la grande puissance occidentale.Les chars les plus perfectionnés s’enlisaient dans le dédale marécageux dont seuls les pangéens connaissaient les  passages. La piste que suit la voiture des chercheurs est le seul lien qui leur reste avec une forme très limitée de civilisation. Mais bientôt la voiture s’arrête. « - La rivière a débordé, le  pont a été emporté, impossible de traverser. Après des journées de voyage, voilà nos efforts réduits à néant, impossible de joindre Gaya. » s’exclame le professeur Michel devant un  torrent. (suite: http://sankerr.over-blog.com).
Par kerr - Communauté : Au fil des mots
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Mercredi 16 janvier 2008
 
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Les deux hommes étaient couverts de drapés noirs, ce qui constituait leur vêtement. Leurs pieds étaient nus mais couverts de tatouages. Leur port était athlétique. L’un était plutôt grand alors que l’autre était plus petit de taille. Mais tous deux portaient un turban noir sur la tête  qui dissimulait toute trace de chevelure et ce turban s’enroulait autour de leur cou en se posant sur leurs épaules. Un couteau  dans un étui finement travaillé brillait à leur ceinture. Et le manche d’une arme plus longue sortait en partie du vêtement.  Quand Laura regarda leurs visages, elle ne put longtemps soutenir leurs regards tant ils étaient perçants. Elle y avait même décelé une violence insoutenable qui tenait à la fois de la cruauté, de la douleur et de l’extase. Ils semblaient si primitifs, dans une attitude de surprise constante et semblaient tellement étranges que Laura en était bouleversée dans ses repères. Toute conversation paraissait impossible à Laura car cette rencontre ne pouvait être qu’une hallucination. Elle n’eut de toute façon pas le temps de retrouver ses esprits que déjà le plus petit la prit par le bras et l’entraîna vers un cheval. La tenant par la taille, il la hissa sur le dos de son destrier et d’un bond fut assis derrière elle. L’autre guerrier montait également à cheval , le jeune garçon sauta sur la croupe s’accrochant à lui et Laura  vit le guerrier cabrer son cheval  pour lui faire effectuer un demi-tour, puis le faire partir au galop à toute vitesse. Laura se raidit, mais son cavalier sans y prêter attention  la serra d’un bras contre lui et de l’autre main commanda au cheval  le même demi-tour ainsi que le même départ en trombe. À la vitesse de l’éclair, elle voyait défiler les troncs des arbres. Au début, elle se sentait tomber à chaque enjambée du cheval, chaque choc la déséquilibrait et elle se voyait déjà  chuter au sol. Mais l’homme prévoyait les moindres déséquilibres et la retenait à chaque fois en tentant, par les mouvements de son corps de lui faire sentir le rythme du galop. Elle se raidissait, trouvant ce contact  trop suggestif. Aucun mot n’avait été échangé entre eux et Laura ne voulait pas provoquer cet homme dont elle ne savait rien, avec lequel elle n’avait aucun repère. Il sentait bien cette résistance, mais ne semblait pas s’en soucier. Et avec les heures passées à cheva l ce qu’il avait prévu arriva, Laura ne luttait plus, sa résistance se brisait et tout son corps suivait maintenant  naturellement  le mouvement  du cavalier et de sa monture. Le voyage était long et elle somnolait. Ils sortirent enfin en début d’après-midi de la forêt et se retrouvèrent  à l’entrée d’une vallée qui séparait deux gigantesques montagnes. La rivière en ces lieux était très calme car elle avait assez d’espace pour s’épancher.  Ils s’arrêtèrent sur une plage de galets argentés brulants de la chaleur du soleil qu’ils emmagasinaient depuis le matin. Les deux hommes parlèrent entre eux brièvement dans une langue qui lui était inconnue. L’un s’éloigna à pied vers des buissons dont il récupérait des branchages tandis que l’autre, armé d’un pic en bois, s’enfonça dans l’eau en quête visiblement de poisson. Le jeune garçon s’occupa des chevaux. Elle s’assit sur les galets, tenaillée par la faim qu’elle espérait bientôt satisfaire. Quelques minutes plus tard, un feu fut allumé, les aliments furent cuits et on lui servit dans une écuelle en bois le repas de poisson et de racine qu’elle dévora  aussitôt. Les deux hommes et l’enfant mangèrent très peu et parlèrent un peu plus devant un thé. Ils ne faisaient pas attention à elle.


Elle se sentit revigorée par le repas et tenta de leur parler dans le seul dialecte pangéen  connu des occidentaux. C’était un dialecte parlé par les premiers prisonniers de la guerre, qui étaient à l’origine d’inoffensifs paysans et qui sont devenus les premiers esclaves des blancs. La majeure partie des informations qu’ont les pangéanologues  sur leur sujet d’étude leur  vient de l’étude de ces paysans et de leur langue.                            
« - Où sont les autres ?’ » demanda-t-elle en rassemblant son courage. Ils se retournèrent  mais ne répondirent pas.
« - Nous sommes un groupe de chercheurs, et nous nous sommes perdus. Nous ne sommes pas des soldats. Nous cherchons Gaya mais la rivière et sa crue nous ont empêché d’atteindre le village. Sommes nous encore dans la réserve ? » Les deux hommes se regardèrent  puis le plus grand lui répondit en utilisant parfaitement et sans accent la langue de Laura :
« - Je sais qui tu es et qui étaient tes amis. Tu ne les reverras pas. Et tu ne reverras plus ni ton pays ni les tiens. Tu appartiens désormais au peuple pangéen. »  Elle ne connaissait que trop bien cette histoire et elle savait qu’il était inutile d’insister, elle était bel et bien prisonnière. Les autres avaient sans doute été neutralisés de la même façon que les précédents disparus. Peut-être y avait il d’autres guerriers qui s’occupaient des prisonniers hommes ; mais elle pensait également à la possibilité qu’ils aient tous étés tués.  Les deux guerriers ne dirent plus un mot, ils se retournèrent et ne firent plus attention à elle.
Toutes les tentatives  de parole qu’elle fit furent sans suite. Ils reprirent leur route en longeant la vallée enfermée par les deux gigantesques rocheuses. Les deux hommes parlaient peu lorsqu’ils étaient à cheval  comme si les déplacements devaient s’effectuer dans le silence. Le jeune garçon semblait tirer des enseignements de tous les aspects du voyage. Puis avant la tombée du jour un camp était installé avec des toiles de coton sommairement  tendues sur une armature en bois fabriquée sur place. Les deux guerriers voyageaient très léger. Leur mode de vie durant le voyage était simple et efficace. Laura n’eut pas à se plaindre de la nourriture toujours offerte à satiété. La lecture et l’écriture occupaient le reste de leur temps. Il semblait à Laura qu’ils ne dormaient pas ou peu. Ils restaient très distants d’elle et ne lui parlaient pas, c’était comme si elle ne présentait aucun intérêt pour eux. Les jours passèrent sous cette même indifférence et seul le paysage changeait. Les chevaux  peinaient dans les chemins rocailleux qui viraient en tête d’épingle lorsqu’ils rencontraient une montagne qu’il fallait dépasser. L’immensité de ce paysage était écrasante par son caractère infini. Laura fut envahie par un sentiment d’éloignement.


Et chaque nouvelle journée passée dans le voyage lui faisait comprendre que le retour qu’elle se devait d’envisager devenait de plus en plus complexe et de plus en plus difficile. Non seulement il lui faudrait semer  ses gardiens, mais également prévoir les vivres pour tenir tous ces jours, s’orienter dans ce dédale de chemins et être assez endurante pour parcourir une distance qui s’allongeait toujours plus. Sans compter tous les dangers qu’elle ne voyait pas et que ses ravisseurs évitaient  d’une façon qui leur était naturelle. Elle ne pouvait  pas oublier à quel point le groupe de chercheurs auquel elle appartenait avait été sans ressources devant cette nature inconnue. Avant  de se retrouver prisonnière, elle ne se donnait pas longtemps à vivre dans ces conditions. Et pourtant cela avait l’air si facile, si simple lorsqu’elle observait les deux hommes assurer la survie du groupe. Elle se disait que ces gestes qu’elle les voyait faire devaient être exactement les mêmes que ceux que d’autres hommes avaient exécutés des siècles avant eux. Et qu’ayant été répétés sur des centaines de générations, les gestes avaient pris un naturel, une fluidité, une simplicité et une maîtrise extraordinaires. Sans aide, elle n’y arriverait pas. Mais de quelle aide pouvait-elle disposer ? La nuit suivante elle pleura de découragement. Quelle allait être sa vie maintenant ? Tout était incertain. Et pourtant au fond d’elle-même elle sentait une possibilité de survie et même un bouillonnement d’énergie et d’excitation envahissait son corps comme si quelque chose d’endormi en elle se  réveillait. Comme si son être émergeait d’une période de latence . Elle se sentait de la force, de la vigueur. Ces êtres l’avaient toujours fascinée. Mais parmi les siens, elle s’était fait une raison. Suivant ses prévisions, son avenir était une double vie, une partie était réservée à la réalité alors que l’autre partie était sa vie fantasmatique. Il y avait bien sûr des connexions entre les deux, mais la première était décevante et  insuffisante car ce qui s’y passait était monotone et privé de sensualité. Et la seconde était frustrante par la non-réalisation de tout ce qu’elle promettait. Elle se disait que ce qu’elle vivait à ce moment était exceptionnel, c’était une expérience inouïe. Désormais et malgré elle, elle avait sous les yeux un  sujet d’étude hors du commun. Un sujet comme elle n’aurait jamais pu en rêver. Son sujet était devant elle, ou, mieux encore, elle était plongée dans son sujet. Il lui semblait qu’un de ses fantasmes prenait vie devant elle. Qu’il y avait une possibilité de vivre quelque chose de très similaire à ce qu’elle avait toujours rêvé. Maintenant il y avait une troisième dimension, cette nouvelle réalité et ses personnages insondables et différents. Comment étaient-ils ? Ressemblaient-ils à tout ce qu’elle avait pu imaginer ? Fallait-il qu’ils ressemblent trait pour trait à ce qu’elle avait imaginé? Ou bien allait- elle découvrir de nouveaux traits auxquels elle n’avait pas pensé, qui la surprendraient et combleraient ses sens, son romantisme? Sur le cheval, elle sentait la force de son kidnappeur qui la tenait fermement, elle sentait qu’alliée à un tel homme elle pourrait être invulnérable. Ils longèrent longtemps la rivière, source de nourriture, lieu de désaltération et de baignade et moyen efficace d’avancer rapidement  et aisément au milieu des grandes montagnes toujours plus élevées  et des pics toujours plus abrupts. Plusieurs jours de voyage se succédèrent sans qu’elle n’apprenne rien d’eux. Son corps, au début courbaturé par l’effort du voyage et par la dureté de  sa couche, finissait par s’accoutumer à son nouveau travail, à cette discipline et il devenait plus souple. Elle finit même par ressentir une certaine maîtrise de son corps, un confort inattendu et une assurance dans ses émotions. La nature l’emplissait, la nourrissait, elle la respirait, elle se sentait vivifiée à son contact. Elle n’avait jamais ressenti une telle liberté.
La vallée qui serpentait au milieu de gorges profondes et étroites finit par déboucher sur une large plaine verdoyante. Il y avait là des cultures humaines. Ils empruntèrent un chemin qui longeait cette immense végétation,  annonciatrice de nourriture abondante. Et Laura aperçut tout au fond des constructions, l’ébauche d’un village. En s’approchant de plus près, elle commença  à percevoir la vie du village. Les paysans dans les champs récoltaient des grains, des enfants jouaient bruyamment au bord de la route, des chiens aboyaient à la vue des nouveaux arrivants. Alors les villageois se regroupèrent face à leurs visiteurs au centre du village. Après être descendus de cheval, les voyageurs  suivirent un homme qui semblait être le chef du village à l’intérieur d’un bungalow en bois. Un repas fut servi et des discussions entre hommes durèrent plusieurs heures. Puis les deux guerriers se levèrent et partirent avec le jeune garçon. Laura voulut les suivre, mais les guerriers la repoussèrent lui faisant comprendre que son voyage était fini et qu’elle resterait dans ce village. Les deux guerriers et leur élève s’éloignèrent sur leur monture et bientôt Laura ne les aperçut plus dans son champ de vision.                        
Une sensation de vide s’empara d’elle. Ses nouveaux repères venaient de s’effondrer. Et elle imaginait maintenant  une vie dans un village de paysans pleine d’ennui et de déception. Celui qui semblait être le chef du village et avec lequel avaient longuement parlementé les deux guerriers s’approcha de Laura et lui parla. Il lui demanda qui elle était et voulut connaître son histoire.
Il faisait un effort pour qu’elle communique et qu’elle se sente à l’aise. Il lui souriait tout en lui expliquant qu’elle allait désormais vivre dans ce village, qu’il faudrait qu’elle s’adapte à cette nouvelle vie, qu’elle devrait apprendre sa langue, mais aussi qu’elle aurait à effectuer pour lui des tâches  diverses ainsi que le travail dans les champs pour mériter sa nourriture et la protection et le confort du toit. Laura tenta  de se faire comprendre, de dire qu’elle était ici contre son gré, mais visiblement il le savait déjà et à chacune des tentatives de Laura de marchander sa liberté il répliquait qu’elle resterait là pour toujours, qu’elle ne partirait jamais.


 Cela d’ailleurs semblait lui tenir à cœur et Laura ne mit pas longtemps à comprendre qu’il entreprenait de la séduire. Les premiers jours il fut très revendicatif mais aussi très maladroit et Laura repoussait ses avances avec beaucoup de peine tant il était insistant. Puis il prit des distances sans pour cela s’avouer vaincu, et Laura pensa qu’il avait mis au point un nouveau stratagème pour arriver à ses fins. Il fut très patient avec elle et comprit qu’en lui enseignant sa langue et son mode de vie il arrivait à attirer son attention. Il finit par se contenter de cette relation qu’il pensait un jour faire aboutir à un type de relation plus intime. Laura utilisait son temps à prendre des notes et à faire des observations tout en tentant de se fondre dans le groupe et d’adopter leurs valeurs. Elle se comportait comme si l’expédition s’était poursuivie normalement et qu’elle avait à faire son travail d’anthropologue. Elle combattait  cette sensation d’être abandonnée de tout par un travail acharné. Elle n’avait pas oublié de noter cette rencontre extraordinaire avec des guerriers et tout ce qu’elle avait ressenti à leur contact. Si elle parvenait un jour à revenir parmi les siens, ses observations auraient beaucoup de valeur. Mais elle pensait aussi à ce qu’elle avait pu manquer en ne restant pas avec les guerriers. Pourtant avec du recul, elle pensa que c’était mieux ainsi et que cela aurait été très dangereux pour elle de faire une telle expérience. Cela aurait été une porte ouverte vers la folie, vers l’oubli de soi-même. Cela aurait été une sorte d’hallucination réalisée très dangereuse pour son psychisme, pour sa santé mentale. Cela aurait été une forme de régression qui l’aurait amenée sur des territoires peu constructifs pour sa personnalité. En repensant à ces moments d’abandon qu’elle avait manifesté elle ressentait une peur violente et une angoisse profonde. Non, il valait mieux l’ennui et la possibilité de trouver une échappatoire par le travail que d’emprunter un chemin plus sinueux fait de passions violentes et destructrices. Elle n’arrivait pas à identifier cette pulsion qui l’attirait vers ces hommes dangereux. D’où venait-elle ? Elle avait une connaissance assez poussée de la psychanalyse pour savoir que tout cela  provenait de son passé, de son enfance, de ses relations avec ses parents. Elle effectuait vis-à-vis de ces hommes des projections puissantes. Ils semblaient incarner à ses yeux une forme d’idéal humain, peut être une divinité, mais sans morale, qui échappe à tout contrôle, une force à la fois régénératrice et destructrice. Laura pensa qu’il faudrait trouver un moyen pour rentrer chez elle, ce voyage avait assez duré.
Cela faisait maintenant six mois qu’elle vivait dans ce village appelé tobeï et elle parlait désormais couramment leur langue. C’était le matin et Laura était avec les autres femmes à récolter les grains que le meunier du village allait moudre afin de fabriquer la farine, élément de base de l’alimentation des villageois. Les femmes préparaient des galettes avec cet  ingrédient qu’elles fourraient ensuite avec  une préparation faite de racines cuites avec des lentilles,des légumes frais et d’autres confits dans le sel, et elles ajoutaient une quantité d’épices variées qui donnaient une couleur dorée au tout. Cela était souvent servi avec des sauces de toutes sortes et quelquefois faites avec de la viande les jours particuliers. La viande  était un aliment très rare et précieux que l’on consommait peu, les œufs étaient plus courants. Laura avait des contacts amicaux avec les autres femmes et elle s’était particulièrement attachée à Melissa, la femme du meunier qui, grâce à sa richesse matérielle et par ses nombreux voyages, manifestait une certaine ouverture d’esprit et des connaissances sur son peuple que Laura questionnait souvent.           
En effet, Melissa accompagnait son époux au marché de Nolé, qu’elle décrivait comme étant une grande ville, et elle revenait toujours avec de magnifiques tissus et des objets de toutes sortes ainsi qu’avec des épices rares. Toutes les femmes l’entouraient dès son retour et lui posaient une foule de questions. Et patiemment, elle répondait consciente des avantages de sa position.
 Elle parlait de la grande cité, de tous les commerces de la beauté de certains couples qu’elle avait remarqué parce qu’ils étaient richement vêtus et qu’ils faisaient plein d’achats coûteux. Laura tentait de savoir quels types d’activité étaient pratiqués dans cette cité autre que les commerces et elle apprit qu’il existait des lieux de cultes, que la prostitution sévissait dans certains lieux bien que celle-ci soit prohibée, que des écoles étaient faites pour les garçons car les femmes n’avaient pas le droit à l’éducation. Mais elle signalait aussi qu’il y avait des disparitions.
Par kerr
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Lundi 10 décembre 2007
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Devant eux un énorme flux boueux s’épanchait, et le courant puissant emportait des troncs d’arbres, des rochers, des branchages et des cadavres d’animaux. Ils étaient là, au milieu de nulle part, épuisés par la longue route qu’ils avaient parcourue, assommés par la chaleur, et tous ces efforts n’aboutiraient à rien de ce qu’ils avaient espéré. Rencontrer un peuple dans le village de Gaya, un peuple qui serait resté authentique, tel était l’enjeu de ce voyage et il fallait y renoncer par la faute d’une nature capricieuse. Michel interrogea le guide d’origine pangéenne :
« - Kapoor, n’y a-t-il pas une solution ? Penses-tu que si nous longeons la rivière nous pourrons la traverser plus haut ? » Kapoor répondit avec un fort accent :
« - Ce que vous dites est possible, seigneur, mais c’est dangereux car nous allons sortir de la piste que nous connaissons et être exposés aux dangers des marais et des sables mouvants. Et de plus, seigneur, nous ne connaissons pas bien les limites qui séparent la réserve du territoire des guerriers pangéens. S’ils nous trouvent chez eux, c’est la mort qui nous attend. Ils ne nous laisseront pas en vie car ils détestent les blancs. Les blancs, pendant la guerre, ont tué des femmes et des enfants, aux yeux des guerriers, les blancs sont des lâches, ils ne vivent que pour assouvir leur soif de pouvoir et leur désir de posséder toujours plus de richesses matérielles. Pour les guerriers, les blancs sont des dégénérés et leurs capacités à se développer est limitée et ralenties car leur raison de vivre n’est pas noble. La vie d’un blanc ne vaut rien pour un guerrier. Mon avis est qu’il faut faire demi-tour et revenir quand la crue sera terminée car sortir de la piste, c’est trop dangereux ». Pendant qu’ils prenaient une décision, aucun d’entre eux ne vit la piste qui s’enfonçait toujours plus dans le torrent. Et quand le conducteur s’en aperçut, il était déjà trop tard, la voiture se mit à s’enfoncer dans la boue, penchant vers l’avant, et bientôt elle fut déportée en suivant le courant. Tous durent à la hâte quitter le véhicule, chacun emportant avec lui le nécessaire vital. Laura avait de l’eau jusqu’à la taille et elle luttait contre le courant pour rejoindre le rivage. Les hommes tentaient de nombreux allers et retours pour récupérer le plus de matériel possible. Quant au véhicule, il était perdu et bientôt il fut complètement enseveli sous la rivière de boue. Sur le rivage, chacun reprenait son souffle et ses esprits.



« - Maintenant, nous n’avons plus le choix ! Gaya ne doit plus être très loin.                     
Cela faisait plusieurs heures qu’ils marchaient dans la jungle marécageuse le long du torrent en tentant de remonter son cours afin de trouver un lieu propice pour le traverser. Laura observait Kapoor, le guide pangéen, qui refusait désormais d’ouvrir le chemin. Elle avait rarement observé un tel effroi sur le visage de quelqu’un. Marcher dans un secteur proche de la zone interdite, celle de la frontière avec le territoire des guerriers le paralysait et il marchait comme un somnambule. Quant aux autres membres de l’expédition, ils semblaient plus embarrassés de marcher dans ce bourbier en pensant aux nuits futures qu’ils passeraient sans abri en étant à la merci des insectes. Après avoir fait la liste de ce qu’ils avaient pu sauver, seulement trois jours de rations avaient été calculés pour chacun, s’ils ne trouvaient pas  Gaya dans ce délai, les choses se compliqueraient cruellement. La nuit commence à tomber et tous sont épuisés. Les jambes de Laura sont tremblantes, la tétanie gagne ses membres et chaque pas lui demande un effort surhumain. Bientôt ses jambes ne répondent plus et ne parviennent plus à sortir de la boue. Soudain elle entend un cri de douleur suivi d’un hurlement de terreur.
« - Il m’a mordu ! son poison est mortel ! merde ! je vais mourir ! faites quelque chose, merde !
- Où est la pharmacie ?
- Elle s’est en partie vidée dans la rivière, il n’y a rien contre le venin.
- Faites un garrot et aspirez le venin !
- C’est trop tard il ne respire plus ! »Tous restèrent  autour du mort, hébétés, ne sachant pas comment  ils allaient pouvoir parer un tel danger. L’expédition tournait au drame et la mort n’était plus quelque chose de lointain et d’impossible. Elle devenait palpable, elle avait touché l’un d’eux et cela pouvait désormais toucher n’importe lequel d’entre eux. Laura fut prise de frissons, elle avait peur et, avec la nuit, la température baissait et l’humidité du lieu jointe à la fraîcheur rendait l’environnement malsain pour leur corps.
N’ayant plus de forces pour emmener le corps, ils se résignèrent à l’abandonner sous un arbre, l’ayant recouvert de branchages.
Ils marchèrent une partie de la nuit puis, exténués, dormirent quelques heures en attendant la réapparition du jour. Durant trois jours, ils remontèrent la rivière qu’il était toujours impossible de traverser. Le moral de chacun était au plus bas et les vivres étaient presque épuisées.
Tous étaient assis dans une clairière et mangeaient leur ration lorsque le colonel Granville, qui s’était absenté pour partir en reconnaissance, revint en pointant son revolver sur un très jeune garçon pangéen qu’il avait trouvé caché dans un arbre. Qui était cet enfant ? Peut-être le village de Gaya est-il très proche ? Le jeune garçon était très maigre et ses yeux anormalement cernés. Son habit était sombre et ample. Ses cheveux étaient ébouriffés. Le colonel trouva sur lui un couteau de survie taché de sang dont la lame était usée . Lorsque l’on demanda à Kapoor de l’identifier et de lui parler, il devint livide.
                                      



« - Qu’y a-t-il Kapoor ? demanda  Michel.
- Eh bien parle ! dit nous ce qu’il t’arrive ! répliqua Granville.
- Il faut le laisser et fuir le plus loin possible d’ici ! Il faut partir le plus vite possible, les autres ne doivent pas être loin !
- Quels autres ? tu le connais ?
- Vous ne voyez pas que c’est un jeune guerrier, il doit être couvert de tatouages, regardez son corps et ses bras. S’ils nous trouvent, nous allons tous mourir !
- Pourquoi est-il seul ?
- Peut-être qu’il s’entraîne ou bien passe-t’il des épreuves de survie. En tout cas s’il nous a trouvé , les autres ne tarderont pas a le faire aussi.
- Aurions-nous remonté la rivière trop haut ? Peut-être sommes-nous sur leur territoire. Il serait plus prudent de faire ce que conseille Kapoor et redescendre la rivière.
- Mais alors, nous aurons fait tout ce chemin en vain. Nous ne sommes certainement pas loin de Gaya et rappelez-vous que nos vivres sont presque épuisées. Notre seule chance est de rejoindre le village et ce garçon pourrait nous y aider. Kapoor, tente de parler avec lui !
- Mais vous ne comprenez pas ! C’est un guerrier, et s’il connaît notre langue, il ne prononcera pas un mot. Il sait que les autres vont le chercher et quand ils nous auront trouvés, ils nous tueront sans aucune autre forme de procès. Les occidentaux sont leurs ennemis, ils ne parlent pas avec eux. Ils ne souhaitent qu’une seule chose, c’est que vous quittiez leur continent. Si vous voulez continuer c’est de la folie, moi, je pars d’ici au plus vite. Donnez-moi mon reste de ration je ne reste pas un instant de plus ici. L’avertissement est assez clair, il faut être aveugle pour ne pas s’apercevoir du danger. »
Bientôt deux groupes se formèrent, ceux qui souhaitaient faire demi-tour en prenant en compte l’avertissement de Kapoor et, de l’autre côté, ceux qui pensaient que le village ne devait plus être loin et qu’il fallait poursuivre le chemin en tentant de se faire aider par l’enfant. Les deux choix étaient de toute façon très difficiles à assumer et Laura pensa qu’il n’y avait plus assez de vivres pour tenter de faire demi-tour. À ses yeux il était plus probable qu’ils allaient trouver le village et que peut-être cet enfant s’était perdu. Ils ne pouvaient pas être montés si hauts et avoir atteint le territoire des guerriers. Ils furent finalement deux à quitter le groupe et on leur remit leur ration ainsi que des consignes afin que s’ils s’en sortaient ils puissent venir en aide à l’autre groupe, ou du moins les situer.
Laura était impressionnée par ce jeune garçon qui était impassible. On tenta de lui poser des questions mais au lieu de répondre, il fixait chacun du regard avec défiance. Son corps était tatoué de symboles dont le sens était un mystère pour les spécialistes. Et les nombreuses cicatrices causées apparemment par un couteau validaient l’hypothèse que c’était un jeune guerrier. Ses membres et articulations étaient déformés par une activité physique intensive qu’on avait dû lui imposer depuis le plus jeune âge. Son regard était très vif, il ressemblait à un animal sauvage prêt à bondir. Il se dégageait de cet enfant une assurance et une maturité qui n’étaient pas de son âge. Il semblait être attentif à chaque mouvement, à chaque parole, il était incroyablement présent.
La nuit tomba rapidement ce jour-là tant il y avait de nuages. L’orage grondait et une averse très violente se déversa sur le groupe qui s’était abrité à la hâte près d’un immense arbre, bien qu’avec la foudre, le lieu était dangereux. Tous étaient épuisés et trempés. Perdus dans ce lieu étranger certains ne pouvaient plus retenir leurs sanglots. Le désespoir emplissait leurs membres tétanisés par la fatigue et le sentiment d’abandon qu’ils éprouvaient, ne faisait qu’augmenter l’incertitude de leur sort. Laura tentait de s’endormir contre le tronc de l’arbre centenaire, et étrangement, elle se sentait en sécurité. Le jeune guerrier s’était accroupi très près d’elle et le regard attentif qu’il posait sur elle la rassurait. Elle s’endormit rapidement, réchauffée secrètement  par cette présence. Dès l’aube, elle se réveilla avec la sensation d’avoir retrouvé des forces, son sommeil avait été réparateur. Le jeune garçon était toujours près d’elle et il lui tendit une sorte de racine qui semblait indiquer, selon ses gestes, que le végétal  était comestible. Elle en mangea une partie tant elle avait faim, et partagea le reste avec les autres. Ils marchèrent encore toute cette journée puis soudain ils réalisèrent qu’il manquait un des leurs. Ils l’appelèrent et le cherchèrent  mais après une battue d’une heure, deux nouvelles disparitions furent constatées. La stupeur était le sentiment collectif. Et l’on commença à imaginer qu’il s’agissait peut-être d’enlèvements.  Ils n’avaient plus la force de rechercher les disparus alors ils décidèrent de poursuivre leur chemin en se donnant comme consigne d’être attentif à leur voisin, de ne pas le perdre de vue. Mais, au bout de deux heures, on s’aperçut que deux autres personnes avaient encore disparu. Ils n’étaient plus que cinq, et à la fatigue, à la faim et à l’incertitude s’ajoutait désormais l’angoisse. Certains étaient à bout de nerfs et craquaient littéralement, ils s’écroulaient en sanglots regrettant de s’être retrouvés dans un tel enfer. Le colonel Granville affaibli et cependant lucide, fit la remarque que cette situation était réellement celle d’un état de guerre. Selon lui ces disparitions successives sont bien le résultat d’une tactique guerrière visant à neutraliser un groupe petit à petit en l’amputant de ses membres, en l’affaiblissant psychologiquement et en faisant régner la terreur au sein des  derniers membres du groupe. Les assaillants, selon lui, ne devaient pas être nombreux. La nuit vint à nouveau et la peur les emplissait tous. Laura n’était plus très rassurée, et au matin, ils n’étaient plus que trois. Le jeune guerrier prit Laura par la main et, elle ne sait pourquoi, peut-être ne supportait-elle plus cette attente,  sachant qu’elle aussi disparaîtrait, elle se laissa guider et emmener loin du camp. Soudain elle sentit ses jambes s’enfoncer dans le sol tant l’émotion l’envahit entièrement, il y avait devant elle deux guerriers Pangéens.                                
Le matin était ensoleillé, mais une légère brise et la fatigue accumulée  par tous ces jours de marche fragilisaient la volonté de Laura. Un long frisson d’inconfort lui parcourait la colonne vertébrale  et ses membres répondaient difficilement aux ordres qu’elle leur donnait. Ainsi lorsqu’elle se retrouva  face à ces deux fantômes habillés de noir, sa stupeur fut mêlée d’un vague espoir de retrouver  des conditions d’existence normales. En tout cas trouverait-elle auprès d’eux un refuge et de la nourriture qui lui manquaient cruellement depuis le naufrage de leur véhicule ?
Par kerr
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