Mercredi 16 janvier 2008
undefined La forêt est épaisse et l’expédition avance péniblement sur une piste impraticable.Ils sont partis pour découvrir la  vie dans les limites de la réserve,les coutumes des tribus pangéennes, leur démographie, leur état sanitaire ainsi que la faune et la flore dans cette partie inexplorée de ce continent de Pangée  nouvellement découvert. La chaleur est difficile à supporter. Laura est assise à l’arrière du véhicule tout terrain, elle est balancée d’avant en arrière et quelquefois, elle heurte son  compatriote le colonel Granville qui a combattu les sauvages pangéens dans une guerre colonisatrice atroce. Les Occidentaux ont vaincu . Et après une période durant laquelle l’esclavage a anéanti  toute la grandeur du peuple conquis, les paysans de Pangée, très pauvres mais devenus citoyens ont fini par perdre leur héritage culturel. Le professeur Michel, ethnologue et organisateur de  l’expédition, a réuni pour la première fois une équipe de scientifiques chargée d’explorer les parties des terres restées vierges de toute contamination par la civilisation occidentale. Mais  l’équipe de chercheurs doit rester prudente et ne pas s’aventurer au-delà des limites de la réserve. La réserve c’est la bande de terre sur laquelle l’armée colonisatrice occidentale a stoppé sa  pénétration pour diverses raisons. La raison officielle c’est qu’au-delà de cette limite, le territoire est sans richesses à conquérir, dans ces lieux il n’y a que marais, jungle puis plus loin  des sommets montagneux inaccessibles et enfin, le désert aride et les tornades violentes. Mais une autre raison est qu’il existe des résistants très puissants. Un peuple de guerriers que l’armée  occidentale a renoncé à combattre tant la cruauté avec laquelle ils faisaient la guerre était grande, et leur connaissance de leur territoire ainsi que leur adaptation parfaite à la nature de ce  pays hostile les rendaient invulnérables malgré la technologie de leurs adversaires.(Illustration : carte de la Pangée). L’équipe de chercheurs tout en allant à la rencontre de sauvages pacifiés  doit absolument éviter une rencontre avec les guerriers qui sont incontrôlables et imprévisibles. Laura regarde le paysage boueux et couvert de lianes. Par moments leur véhicule s’enlise et tous  doivent descendre pour le pousser. Laura parle au botaniste de l’équipe un dénommé Edward : « - Que regardez vous ? - C’est une variété de plante que je connais mais celle-ci semble différente.  Je prends des échantillons que j’analyserai au labo. La flore est par ici surprenante et il n’est pas impossible qu’en l’étudiant plus attentivement on en tire des enseignements médicinaux. -  Savez-vous que des maladies orphelines ont trouvé leurs remèdes dans des potions élaborées par des paysans pangéens qui utilisent des plantes qui nous étaient inconnues ? - Oui mais ce n’est rien en comparaison de ce qui nous reste à découvrir. J’ai bon espoir de rencontrer de nouvelles préparations de ce genre dans le village de Gaya que nous nous sommes proposés de visiter. J’imagine  que vous Bonington en bon sociologue ethnologue et pangéanologue ainsi que vous Laura, trouverez dans ce village de quoi affiner vos théories en ce qui concerne l’étude de la complexité de ce  peuple que l’on qualifiait de sauvage il n’y a encore pas si longtemps. - Moi Bonington je pense qu’en effet, les pangéens sont un excellent sujet d’étude pour notre science. Mais peut-être  serions-nous aussi intéressants qu’eux à étudier nous qui affrontons une armée de moustiques, des marécages infâmes au péril même de notre vie pour aller satisfaire notre imaginaire d’individus civilisés chez un peuple qui, après avoir été proclamé le plus primitif de tous, devient le plus mystérieux. On pourrait s’étonner à juste titre de ce sentiment d’ambivalence qui nous frappe  toujours lorsque nous nous retrouvons face à l’inconnu. - Avouez , mon cher Bonington que vous seriez ravi de rencontrer un de ces guerriers qui ont totalement déstabilisé notre armée et qui sont  actuellement notre plus grande source de fantasme sur le plan cinématographique. - Disons que cela serait vrai si j’étais une femme comme Laura et qu’au lieu de risquer ma tête, je serais  acculturée et je deviendrais l’épouse d’un grand guerrier. Cela me fascinerait de me retrouver prisonnière et soumise à un de ces monstres de deux mètres qui tuent de sang-froid et dont on ignore  tout mais que l’on sait être d’assez fins stratèges et posséder un raffinement extrême dans l’art de la torture. J’ose imaginer que leur érotisme pourrait ne pas me laisser indifférent. Et vous  Laura qu’en pensez-vous ? » Laura a souvent médité sur ce sujet. Pourquoi dès son plus jeune âge avait elle été attirée par ce peuple et pourquoi avait-elle consacré toute sa vie à connaître et à  découvrir les moindres détails des rites, coutumes et traditions de ce peuple avec lequel, finalement, elle n’a aucun point commun ? Souvent elle s’imagine à la place de l’héroïne, l’infirmière enlevée pendant la guerre par les guerriers terrifiants et qui feraient d’elle une femme pangéenne. Elle rencontrerait un homme qu’elle aimerait et pour lequel elle ferait tout, elle se  soumettrait totalement et volontairement à lui, et elle lui abandonnerait tout ce qu’elle a. Puis cet homme mourrait à la guerre, remplacé par un autre, jusqu’à une nouvelle rencontre encore plus  forte que la première. Cet homme idéal pangéen qu’elle cherche depuis toujours, qui la connaîtrait mieux qu’elle-même reste inaccessible. Tous les hommes qu’elle a rencontrés jusqu'à présent  n’ont rien de comparable à ceux de ses fantasmes. Et parfois elle a peur d’imaginer une rencontre réelle avec un guerrier qu’elle sait qu’elle sera d’avance décevante. Laura sait que tout se  passe dans son esprit, et finalement elle se concentre sur sa science, bien ancrée dans la réalité et toute sa vie érotique est accrochée à ses rêves qui restent des rêves. Un espoir infime lui  laisse croire qu’une réalisation de ses fantasmes reste possible. L’espoir de trouver un point de rencontre qui rassemblerait sans heurt les deux parties opposées de sa personnalité. Laura rêve  d’une harmonie possible où science et fantasmes, rêves et réalité seraient réunis. Il pleut et le véhicule avance avec toujours plus de peine sur une piste inondée. Le village à atteindre est  encore très loin et d’après le guide, la piste traverse par endroits des sables mouvants. Le moindre écart du véhicule serait fatal. C’est un lieu où toute technologie devient impuissante face  aux forces de la nature. C’est un lieu ou les guerriers pangéens, armés de sabres, ont tenu tête, par leur adaptation exceptionnelle à la nature, par leurs facultés de stratège, par la terreur  qu’ils répandaient chez leurs ennemis, à la grande puissance occidentale.Les chars les plus perfectionnés s’enlisaient dans le dédale marécageux dont seuls les pangéens connaissaient les  passages. La piste que suit la voiture des chercheurs est le seul lien qui leur reste avec une forme très limitée de civilisation. Mais bientôt la voiture s’arrête. « - La rivière a débordé, le  pont a été emporté, impossible de traverser. Après des journées de voyage, voilà nos efforts réduits à néant, impossible de joindre Gaya. » s’exclame le professeur Michel devant un  torrent. (suite: http://sankerr.over-blog.com).
Par kerr - Communauté : Au fil des mots
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Commentaires

Hello ;-) Un article qui concerne les membres de la communauté "vos blog en parler". ICI http://akikcekca.over-blog.com/article-16673208.html Amicalement.
Commentaire n°1 posté par Moa le 16/02/2008 à 19h59

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